Grabotte’s Blog

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Le gouvernement fait sa com’ et se fout le doigt dans l’oeil février 26, 2009

Classé dans : Chômage, Travail — grabotte @ 9:21
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Alors, hier, le désormais médiatique chômeurs jeune diplômé a été embauché quasiment sous les yeux des caméras par Martin Hirsch. Il décroche un CDD (apparemment, mais c’est pas très clair) pour réfléchir dans une commission du haut commissariat à la jeunesse.

Et là, j’applaudis !! Bravo, encre une belle communication du gouvernement!!!

A ceci près que, si comme je le soulignais hier, les chômeurs désespérés venaient à faire de la surenchère, comment ferait le gouvernement ? Parce-que avec des gestes comme ça, forcément ça incite encore plus à faire du spectaculaire pour avoir un travail. Bonjour l’exemple !

Imaginez un peu la gabegie, si 10% des chômeurs se mettent à communiquer de la sorte, ce n’est plus un gouvernement, c’est une armée mexicaine que l’on va avoir pour réfléchir aux problèmes du pays et qui vont nous pondre des rapports que Sarkozy n’entendra pas.

Enfin, on peut quand même espérer que ce gouvernement ne fera pas l’erreur d’embaucher tous ces gens comme fonctionnaires, parce-que a priori, Sarko ne veut plus de fonctionnaires. En même temps, une horde de fonctionnaires communicants face à une horde de chômeurs, ça aurait de la gueule comme vision d’avenir, non ? Une vraie rupture, ça c’est sûr.

 

Célébrité février 25, 2009

Classé dans : Chômage, Travail — grabotte @ 8:57
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Ce matin à la radio, j’entends qu’un jeune diplômé s’est mis en vente, en solde, sur e-bay (à un euro, sic!)… pour trouver du travail. Dans la journée, il ira sur l’esplanade de la Défense avec son CV placardé sur lui pour tenter d’interpeller de potentiels recruteurs. Il est bardé de diplôme, notamment dans la finance et cherche du travail depuis 5 mois (300 candidatures, nous dit-on).

On est en plein quart d’heure de célébrité… sauf que c’est pour une cause bien triste. Et surtout, si tous les chômeurs font dans le spectaculaire pour trouver du travail, on n’a pas fini d’avoir des frissons d’horreur.

Car, on le sait, la cause n’est pas noble. Qui a dit qu’il fallait se mettre en danger (psychologique ou physique) pour trouver un travail ? Le jeune homme dont je parle trouvera peut-être du travail, mais il s’est aussi sans doute grillé auprès de nombre d’employeurs qui réprouve ce type de démarche.

Plus grave, il s’est vendu à 1 euro parce-qu’il pensait qu’il ne valait pas plus. Vous pensez vraiment que c’est bon pour l’estime de soi, le moral de winner que l’on est sensé avoir quand on va travailler. Franchement, quelqu’un qui se vend à un euro est un désespéré. Psychologiquement, c’est un clochard. Un SES, sans estime de soi… qui sonne comme un SOS.

Et aussi, il faut peut-être craindre la surenchère et là, certaines tentatives pourraient mal finir. Ambiance : je saute à  l’élastique d’une tour de la Défense et jusqu’ici (32e étage) tout va bien…

Ce monde desespère toute une partie de la population et du coup, certains font n’importe quoi pour attirer l’attention. C’est quoi ce monde qui nous dit que si on ne travaille pas, on ne vaut rien ou si peu ???

Le travail est une chose, la vie en est une autre, mais sans travail, la vie ne vaudrait rien de bon ?

 

Prime à la casse février 13, 2009

Classé dans : Licenciement, Travail — grabotte @ 12:26
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Je lis à l’instant que notre omni-président a déclaré hier soir à la télé qu’il octroirait une prime pour les personnes en fin de CDD qui, je cite, “n’ont aucune chance de retrouver un travail”.

Alors ça pour vous remonter le moral, ça vous le remonte. J’attend avec impatience les détails de la prime. Combien on peut bien donner à quelqu’un qui est officiellement foutu ? Un bonus de trader ? Un parachute doré ? Bah oui, quoi, faut bien vivre le restant de ses jours, non ?!

Est-ce que les gens ne vont pas refuser cette prime qui les met dans la catégorie “t’as plus qu’à attendre le RMI, vieux!” ? Comment accepter une prime synonyme de mise au banc de la société ?

Evidemment que les gens concernés vont l’accepter (moi-même peut-être… Personne n’étant à l’abri de rien). Mais, je me demande si on mesure bien l’impact psychologique de cette prime après les mots présidentiels. Ca c’est de la communication ! De la communication version “qui comprend rien à rien et dont la psychologie atteint celle de l’oeuf dur”.

Autre question que pose cette belle intervention : comment on évalue le “aucune chance de retrouver un travail” ? Personne n’aurait droit à l’espoir ? A la reconversion professionnelle ? A une autre vie dans ce pays ???? MAIS PUTAIN !!!!! (oui, je sais, la colère me rend grossière)

C’est quoi cette façon de gouverner ???? D’organiser le monde et de ne le voir que sous un seul prisme ??? Les riches et les autres (sauf que les autres sont bien plus nombreux, c’est mieux de ne pas l’oublier). Pourquoi le système français du travail ne s’organise pas autrement. Ici, impossible de changer de secteur (j’ai essayé, je sais de quoi je parle).

T’es cadre dans l’industrie auto, tu y restes. Les employeurs continuent de chercher le profil lisse et conventionnel : ingénieur ou école de commerce, ancienneté dans l’industrie auto et… point. Limite, si tu fais du point de croix t’es recalé, tu cadres pas dans le profil. Donc, évidemment avec ça, ça fait très vite plein de gens sans “aucune chance de retrouver du travail”. Sans parler d’une sale tendance au clonage qui n’a jamais enrichi aucune entreprise, ni aucun pays.

Si vraiment notre président veut faire du social, la prochaine fois, c’est mieux s’il choisit ses mots et ses mesures. Parce-que le social, c’est pas juste donner de l’argent mais c’est surtout considérer les gens, leur donner l’espoir d’une vie meilleure. Tout le monde se fout d’avoir une prime si c’est en échange d’un asenceur social bloqué au 27e sous-sol et en panne définitive. En revanche, permettre la mobilité professionnelle, la reconversion, faire du micro-crédit plutôt qu’une prime pour permettre aux gens de construire quelque chose de nouveau, de se reconstruire et… de faire fonctionner l’économie. Ca, pour moi, c’est du social.

La prime à la casse, on le sait, ne fonctionne pas.

Alors… Forget it or… pay for it.

 

Un emploi par le pôle emploi ? février 9, 2009

Classé dans : Assedic et ses ami(e)s, Travail — grabotte @ 3:19
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Bon, on le sait, la France va mal. Les emplois sont détruits, mais… la presse et les politiques le disent, il y a encore des emplois à pourvoir. Ah, oui ? Où ça ?

Bon, j’aimerai bien savoir si parmi vous, chers lecteurs au chômage, le pôle emploi (anpe et apec en fait) vous a proposé quoi que ce soit. Et si oui, est-ce que ça vous correspondait ? Dans quel secteur travaillez-vous ? Est-ce que vous avez accepté ?

J’en profite pour vous indiquer que vos commentaires et temoignages sont les bienvenus, quel que soit le sujet : travail ou chômage.

 

Leçon de management 1 : faire baisser la masse salariale novembre 27, 2008

Classé dans : Travail — grabotte @ 1:40
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C’était il y a longtemps….

J’étais consultante dans une grosse PME. Mon boss avait reconduit ma période d’essai au bout de 3 mois (“on le fait pour tout le monde, c’est un principe”) et j’avais demandé ce jour-là un rendez-vous pour faire le point.

2,5 mois plus tard, j’obtins le dit rendez-vous (soit 15 jours avant la fin de ma 2de période d’essai si vous avez suivi). Ce jour-là, fut mémorable. J’ai vécu une leçon de management comme rarement. En effet, the fabulous manager, ne sachant pas exactement ce que je faisais et ne connaissant pas mon métier, m’a allumé pendant 2h sur des thèmes aussi professionnels et variés que : “j’aime pas tes fringues, ça te rend pas crédible”, “avec tes fringues, on croirait un papillon”, “t’es pas assez commerciale, tu vas pas chercher le client, faut être un peu pute” (mes fonctions n’étaient pas commerciales, je précise), “j’aime pas ton humour”, “Untel fait tout mieux que toi, prend exemple sur lui”… Bref, il en arrrive à la conclusion : “Je ne sais pas si je vais te garder, je vais réflechir. On se revoit dans 2 jours.” Deux jours se passent et là, nouvel entretien toujours aussi bien mené d’un point de vue communication et managérial.

Il commence ainsi : “Ce matin, je me disais que je n’allais pas te garder, puis à midi (entre la poire et le fromage ? ndla), j’ai eu une idée.” A ce moment-là, devant tant de professionnalisme, je me dit que l’idée ne peut être que géniale, alors j’écoute à fond. “Je te garde mais je baisse ton salaire de 25% et je te rétrograde junior. Si ça te va pas, tu peux partir.”

Dois-je préciser qu’au moment où j’entend ces mots, je suis déjà payé entre 10 et 15% en dessous des salaires du marché (mais c’est la crise dans mon secteur et je viens de faire 2 ans de chomage) et surtout j’ai 10 ans de métier. Alors, voir mon poste devenir junior payé 100 euros de plus qu’un junior… Heu… Bah comment dire ?? Va te faire f… Sauf que j’ai pas pu, parce-qu’en faisant ça j’allais direct pointer au RMI et j’avais pas les moyens.

J’ai donc accepté ce marché de dupes (grmlmblbmblbmllgrrrrrrr). Le génial manager avait aussi en prime décidé de me mettre une partie de mon salaire en variable (pour que je sois plus commerciale) et m’a fixé des objectifs de malade (+ 50% de mon CA par exemple). Ah, bah ouais, il cherchait VRAIMENT à faire baisser sa masse salariale (et à m’exploiter).

18 mois plus tard, j’ai pu me sortir des pattes du fabulous manager avec les honneurs. J’ai réalisé plus que mes objectifs. Mes 2 clients principaux ne tarissaient pas d’éloges sur moi et n’ont plus travaillé avec cette PME société après mon départ.

Mais bon, c’est vrai que c’était du management d’il y a longtemps quand on avait pas encore toutes les recettes et tous les cours de management disponibles partout. C’était quand les salariés n’étaient que de la chair à canon et que l’on ne pensait pas social. A l’époque, ca ne venait tout simplement pas à l’esprit des patrons. C’était… au début des années 2000. Avant la grande crise de 2008…

 

Employabilité novembre 27, 2008

Classé dans : Chômage, Travail — grabotte @ 1:09
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Ce midi, j’écoutais à la radio, d’”illustres” journalistes qui disait en substance “les emplois aidés n’augmentent pas l’employabilité des gens” ‘il faut développer l’employabilité”. Alors, si je compred bien les journalistes parlent maintenant comme des technocrates-énarques et donc, ont un peu perdu le fil (le sens!) de la réalité. Désolée, mais employabilité ça veut dire : trouver du travail pour pas mourir de faim et de froid à la fin.

Si même les journalistes mettent des filtres à la réalité, ça va être compliqué de mobiliser les pouvoirs publics pour faire ce que l’on appelle “une politique sociale de l’emploi”. Hein, quoi ? Je parle comme eux ? Zut! Heu… je voulais dire : trouver des solutions durables pour que chacun ait un emploi décent et rémunéré à sa juste valeur. Ouf! Vous savez qu’on va tous finir par y perdre notre latin à ce rythme-là! (faut que je me reprenne, moi;-)).