Grabotte’s Blog

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Prime à la casse février 13, 2009

Classé dans : Licenciement, Travail — grabotte @ 12:26
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Je lis à l’instant que notre omni-président a déclaré hier soir à la télé qu’il octroirait une prime pour les personnes en fin de CDD qui, je cite, “n’ont aucune chance de retrouver un travail”.

Alors ça pour vous remonter le moral, ça vous le remonte. J’attend avec impatience les détails de la prime. Combien on peut bien donner à quelqu’un qui est officiellement foutu ? Un bonus de trader ? Un parachute doré ? Bah oui, quoi, faut bien vivre le restant de ses jours, non ?!

Est-ce que les gens ne vont pas refuser cette prime qui les met dans la catégorie “t’as plus qu’à attendre le RMI, vieux!” ? Comment accepter une prime synonyme de mise au banc de la société ?

Evidemment que les gens concernés vont l’accepter (moi-même peut-être… Personne n’étant à l’abri de rien). Mais, je me demande si on mesure bien l’impact psychologique de cette prime après les mots présidentiels. Ca c’est de la communication ! De la communication version “qui comprend rien à rien et dont la psychologie atteint celle de l’oeuf dur”.

Autre question que pose cette belle intervention : comment on évalue le “aucune chance de retrouver un travail” ? Personne n’aurait droit à l’espoir ? A la reconversion professionnelle ? A une autre vie dans ce pays ???? MAIS PUTAIN !!!!! (oui, je sais, la colère me rend grossière)

C’est quoi cette façon de gouverner ???? D’organiser le monde et de ne le voir que sous un seul prisme ??? Les riches et les autres (sauf que les autres sont bien plus nombreux, c’est mieux de ne pas l’oublier). Pourquoi le système français du travail ne s’organise pas autrement. Ici, impossible de changer de secteur (j’ai essayé, je sais de quoi je parle).

T’es cadre dans l’industrie auto, tu y restes. Les employeurs continuent de chercher le profil lisse et conventionnel : ingénieur ou école de commerce, ancienneté dans l’industrie auto et… point. Limite, si tu fais du point de croix t’es recalé, tu cadres pas dans le profil. Donc, évidemment avec ça, ça fait très vite plein de gens sans “aucune chance de retrouver du travail”. Sans parler d’une sale tendance au clonage qui n’a jamais enrichi aucune entreprise, ni aucun pays.

Si vraiment notre président veut faire du social, la prochaine fois, c’est mieux s’il choisit ses mots et ses mesures. Parce-que le social, c’est pas juste donner de l’argent mais c’est surtout considérer les gens, leur donner l’espoir d’une vie meilleure. Tout le monde se fout d’avoir une prime si c’est en échange d’un asenceur social bloqué au 27e sous-sol et en panne définitive. En revanche, permettre la mobilité professionnelle, la reconversion, faire du micro-crédit plutôt qu’une prime pour permettre aux gens de construire quelque chose de nouveau, de se reconstruire et… de faire fonctionner l’économie. Ca, pour moi, c’est du social.

La prime à la casse, on le sait, ne fonctionne pas.

Alors… Forget it or… pay for it.

 

La peur novembre 21, 2008

Classé dans : Licenciement — grabotte @ 10:16

Après quelques informatons glanées, j’ai fini par apprendre d’où venait cette humeur de dogue, la raison de la grande scène du II que j’ai entendu hurler à mes oreilles de salariée rebelle : quand il a vu que j’étais accompagnée d’un représentant du personnel, il a eu PEUR!

Rétrospecctivement, c’est bête mais ça fait quand même du bien de savoir qu’on a fait flippé le mec qui vous fout à la porte à la veille d’une crise économique mondiale. Ca empêche pas le chomage, la galère, mais ça fait sourire l’ego.

 

Ca a commencé comme ça : “Entretien quand tu nous tiens” novembre 21, 2008

Classé dans : Licenciement — grabotte @ 10:12

Ce matin, mon boss est arrivé en retard à mon entretien de licenciement. Normal, il me reprochait mes retards. On m’a toujours dit que les boss ça devait donner l’exemple. Alors il l’a fait.

Mais bon, il a fait mieux que moi, il est arrivé avec les ray ban bling-bling sur le nez, ça fait encore plus je m’en-foutiste.

Après, je ne sais pourquoi, il était d’une humeur de dogue. Il a commencé par se concentrer (genre grand silence sensé me mettre mal à l’aise), puis il a cherché à savoir ce que j’avais à dire. Bah, rien en fait, je ne sais pas ce qu’il me reproche donc j’attend (c’est le principe de l’entretien de licenciement, le boss expose d’abord ses griefs au salarié).

D’un coup, il se lance et là, un sketch énorme. Il évoque tout de suite les retards (normal, on est dans l’ambiance), puis doute du fait que je n’ai pas reçu les e-mails où il me met en garde contre ces fameux retards. Après, il s’énerve vraiment très fort (il hurle, en clair) sur le thème : tu as des manquements graves, je n’ai plus confiance. Et là, magnifique scène du boss blessé, la confiance trahie. La vision est quasi insoutenable pour moi, vous l’imaginez.

Il faut que vous vous rendiez compte : je ne suis plus corvéable à merci. Je ne travaille plus 12h par jour pour un salaire qui ramené au temps horaire de la femme de ménage atteint pas tout à fait le smic (en net bien sûr). Je ne consacre plus 2 w-e par mois à mon cher boss. Et du coup, je met en péril l’entreprise!!! Oui, texto. Donc, on ne garde pas des gens dangereux comme moi, vous pensez bien. Il faut préserver le bien commun. Sus au tire-au-flanc.

Ah, et aussi, ça serait bien que je dégage vite. Pour pas contaminer les autres ? je suis contagieuse à ce point ? Zut alors… Chavais pas moi. D’ailleurs, si j’aurais su, j’aurais pas venu… Du tout!

Et j’oubliais, vous savez que ce pauvre homme en 25 ans de métier, il a jamais vu ça!! Non, il n’a jamais vu un
salarié hyper-motivée qui faisait des heures sup pas possible (12h par jour et 1 w-e sur deux on vous a dit) et qui d’un coup arrive à des 10h, 10h15 presque tous les jours pour repartir vers 18h30 en faisant un travail correct mais plus du tout TITANESQUE. Un travail a peu près normal avec des horaires normales. Il a jamais vu ça le type.

Et surtout, il le dit lui-même, il y a quelque chose qui est cassé mais il ne sait pas quoi. Alors, comme c’est fatiguant de chercher, de comprendre ses salariés, mieux vaut les houspiller, les fouetter. Si ça marche pas, c’est qu’on ne peut pas leur faire confiance. Donc, il faut s’en débarrasser et vite, le vers est dans le fruit.
Panique à bord et si les autres prenaient conscience que c’est possible de travailler normalement. Bon, ok, on
leur laisse pas le temps de réfléchir d’habitude (là, on ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Elle doit pas être
normale celle-là). Mais faut se méfier.
Alors zou, la trublione dehors. Pas merci, pas de revoyure. Et surtout on oublie tout : ton implication du début, ta motivation et ton adhésion à la vision d’entreprise, tes heures sup pas payées sur ton temps perso, tes efforts pour gérer les merdes qui ne sont pas de ton fait, ta bonne humeur et ton enthousiasme permanent et communicatif, tes bonnes idées qu’on vend très chers…
T’as pas compris ? T’es en retard : la rébellion, c’est du passé. Résister c’est dépasser.

Trimer, en chier c’est à la mode. Même si comme les ray ban bling-bling, un jour elles tombent, elles sont cassées. Oh, merde, on n’a plus de jouet!