Nouvelle preuve que je vis dans la 4e dimension du chômage : les assedic. Avec eux, le pire est toujours au rendez-vous.
Inscrite aux assedic depuis 4 mois, j’ai le privilège d’avoir perdu mon emploi principal (celui qui me faisait vivre) et d’avoir gardé mon emploi complémentaire (le beurre dans les épinards). Donc, pour les assedic, je dois déclarer cette situation chaque mois. Oui, j’ai travaillé (mais pas beaucoup), mais oui je cherche toujours du travail (pour vivre). Et bien sûr, je dois prouver que je travaille et donc fournir mes feuilles assedic. Jusque là, ça a l’air simple. Mais c’est juste un air. Parce-que mon activité beurre-dans-les-épinards, je l’effectue au sein d’une énorme entreprise du service public qui emploie tellement de gens à durée déterminé que la DRH n’a pas le temps de signer chaque attestation. Un joli scanner remplace donc la signature manuscrite (on peut comprendre au-delà de 1000 attestations que la DRH ne signe pas tout, toutes les semaines). Et, là, les assedic ne sont pas d’accord : le document n’est pas un original, me dit-on. Alors, gentiment, j’explique, une fois, deux fois, trois fois. Et là, évidemment, je perds un peu mon sang froid car :
- la DRH ne fera pas exception pour moi. L’attestation est un original, point.
- les attestations assedic de cette activité-là n’entrent pas dans le calcul de mon indemnisation puisque c’est mon autre emploi qui est pris en compte
- je ne suis pas encore indemnisée donc, pourquoi on m’ennuie avec ça ?
Je fais une 3e bafouille dans ce sens au assedic (poliment, quand même, je suis énervée certes mais bien élevée) et précisant 2 choses :
- ça me fait perdre un temps précieux ces allers-retours (sans compter le stress) et pendant ce temps, je ne cherche pas de travail
- quand j’appelle le standard, on me dit de ne pas m’inquiéter que tout est ok, on a bien pris en compte mes attestations. Donc qui a raison ?? Le courrier ou la dame au téléphone ?
Et évidemment, je demande une solution car moi, perso, je suis prise entre 2 institutions et là, je ne peux RIEN FAIRE. Je ne vois pas d’issue.
Et bien, le miracle des assedic, c’est que j’ai reçu samedi pour la 4e fois mon paquet d’attestation AVEC ma bafouille + un mot (assez énervé aussi je dois dire) : JE VOUS DIT ET VOUS REDIT QUE NOUS NE PRENONS PAS VOS ATTESTATIONS CAR CE NE SONT PAS LES ORIGINAUX.
Là, honnêtement, j’ai rigolé. Le dialogue de sourd, c’est trop marrant.
Bon, sauf que le mois prochain doit commencer mon indemnisation. Donc, si on se fighte sur mes attestations, je crains bien de ne pas avoir mes sous.
Et aussi, je me suis rappelée un épisode similaire, il y a 6 ans (précédente période de chômage). Le directeur de l’assedic m’avait reçu en tenant à peu près ce langage : “votre employeur (le fameux service public) vous fait des contrats pas tout à fait légaux, je ne peux pas les prendre en compte et donc vous indemniser”. Super ! Et pour manger, vous m’inscrivez au restos du coeur ou, ça aussi, j’y ai droit qu’avec des contrats réglos ??? Finallement, il avait concédé que c’était pas de ma faute (merci ô grand maitre des assedic de tant de tolérance).
Quand je pense que l’Anpe et les assedic fusionnent dans un mois, que les mecs de l’Anpe vont avoir 3 jours de formation aux techniques assedic, j’en ai vraiment froid dans le dos. Et d’un coup, j’ai plus envie de rire. Du tout.