C’était il y a longtemps….
J’étais consultante dans une grosse PME. Mon boss avait reconduit ma période d’essai au bout de 3 mois (“on le fait pour tout le monde, c’est un principe”) et j’avais demandé ce jour-là un rendez-vous pour faire le point.
2,5 mois plus tard, j’obtins le dit rendez-vous (soit 15 jours avant la fin de ma 2de période d’essai si vous avez suivi). Ce jour-là, fut mémorable. J’ai vécu une leçon de management comme rarement. En effet, the fabulous manager, ne sachant pas exactement ce que je faisais et ne connaissant pas mon métier, m’a allumé pendant 2h sur des thèmes aussi professionnels et variés que : “j’aime pas tes fringues, ça te rend pas crédible”, “avec tes fringues, on croirait un papillon”, “t’es pas assez commerciale, tu vas pas chercher le client, faut être un peu pute” (mes fonctions n’étaient pas commerciales, je précise), “j’aime pas ton humour”, “Untel fait tout mieux que toi, prend exemple sur lui”… Bref, il en arrrive à la conclusion : “Je ne sais pas si je vais te garder, je vais réflechir. On se revoit dans 2 jours.” Deux jours se passent et là, nouvel entretien toujours aussi bien mené d’un point de vue communication et managérial.
Il commence ainsi : “Ce matin, je me disais que je n’allais pas te garder, puis à midi (entre la poire et le fromage ? ndla), j’ai eu une idée.” A ce moment-là, devant tant de professionnalisme, je me dit que l’idée ne peut être que géniale, alors j’écoute à fond. “Je te garde mais je baisse ton salaire de 25% et je te rétrograde junior. Si ça te va pas, tu peux partir.”
Dois-je préciser qu’au moment où j’entend ces mots, je suis déjà payé entre 10 et 15% en dessous des salaires du marché (mais c’est la crise dans mon secteur et je viens de faire 2 ans de chomage) et surtout j’ai 10 ans de métier. Alors, voir mon poste devenir junior payé 100 euros de plus qu’un junior… Heu… Bah comment dire ?? Va te faire f… Sauf que j’ai pas pu, parce-qu’en faisant ça j’allais direct pointer au RMI et j’avais pas les moyens.
J’ai donc accepté ce marché de dupes (grmlmblbmblbmllgrrrrrrr). Le génial manager avait aussi en prime décidé de me mettre une partie de mon salaire en variable (pour que je sois plus commerciale) et m’a fixé des objectifs de malade (+ 50% de mon CA par exemple). Ah, bah ouais, il cherchait VRAIMENT à faire baisser sa masse salariale (et à m’exploiter).
18 mois plus tard, j’ai pu me sortir des pattes du fabulous manager avec les honneurs. J’ai réalisé plus que mes objectifs. Mes 2 clients principaux ne tarissaient pas d’éloges sur moi et n’ont plus travaillé avec cette PME société après mon départ.
Mais bon, c’est vrai que c’était du management d’il y a longtemps quand on avait pas encore toutes les recettes et tous les cours de management disponibles partout. C’était quand les salariés n’étaient que de la chair à canon et que l’on ne pensait pas social. A l’époque, ca ne venait tout simplement pas à l’esprit des patrons. C’était… au début des années 2000. Avant la grande crise de 2008…