Grabotte’s Blog

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Leçon de management 1 : faire baisser la masse salariale novembre 27, 2008

Classé dans : Travail — grabotte @ 1:40
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C’était il y a longtemps….

J’étais consultante dans une grosse PME. Mon boss avait reconduit ma période d’essai au bout de 3 mois (“on le fait pour tout le monde, c’est un principe”) et j’avais demandé ce jour-là un rendez-vous pour faire le point.

2,5 mois plus tard, j’obtins le dit rendez-vous (soit 15 jours avant la fin de ma 2de période d’essai si vous avez suivi). Ce jour-là, fut mémorable. J’ai vécu une leçon de management comme rarement. En effet, the fabulous manager, ne sachant pas exactement ce que je faisais et ne connaissant pas mon métier, m’a allumé pendant 2h sur des thèmes aussi professionnels et variés que : “j’aime pas tes fringues, ça te rend pas crédible”, “avec tes fringues, on croirait un papillon”, “t’es pas assez commerciale, tu vas pas chercher le client, faut être un peu pute” (mes fonctions n’étaient pas commerciales, je précise), “j’aime pas ton humour”, “Untel fait tout mieux que toi, prend exemple sur lui”… Bref, il en arrrive à la conclusion : “Je ne sais pas si je vais te garder, je vais réflechir. On se revoit dans 2 jours.” Deux jours se passent et là, nouvel entretien toujours aussi bien mené d’un point de vue communication et managérial.

Il commence ainsi : “Ce matin, je me disais que je n’allais pas te garder, puis à midi (entre la poire et le fromage ? ndla), j’ai eu une idée.” A ce moment-là, devant tant de professionnalisme, je me dit que l’idée ne peut être que géniale, alors j’écoute à fond. “Je te garde mais je baisse ton salaire de 25% et je te rétrograde junior. Si ça te va pas, tu peux partir.”

Dois-je préciser qu’au moment où j’entend ces mots, je suis déjà payé entre 10 et 15% en dessous des salaires du marché (mais c’est la crise dans mon secteur et je viens de faire 2 ans de chomage) et surtout j’ai 10 ans de métier. Alors, voir mon poste devenir junior payé 100 euros de plus qu’un junior… Heu… Bah comment dire ?? Va te faire f… Sauf que j’ai pas pu, parce-qu’en faisant ça j’allais direct pointer au RMI et j’avais pas les moyens.

J’ai donc accepté ce marché de dupes (grmlmblbmblbmllgrrrrrrr). Le génial manager avait aussi en prime décidé de me mettre une partie de mon salaire en variable (pour que je sois plus commerciale) et m’a fixé des objectifs de malade (+ 50% de mon CA par exemple). Ah, bah ouais, il cherchait VRAIMENT à faire baisser sa masse salariale (et à m’exploiter).

18 mois plus tard, j’ai pu me sortir des pattes du fabulous manager avec les honneurs. J’ai réalisé plus que mes objectifs. Mes 2 clients principaux ne tarissaient pas d’éloges sur moi et n’ont plus travaillé avec cette PME société après mon départ.

Mais bon, c’est vrai que c’était du management d’il y a longtemps quand on avait pas encore toutes les recettes et tous les cours de management disponibles partout. C’était quand les salariés n’étaient que de la chair à canon et que l’on ne pensait pas social. A l’époque, ca ne venait tout simplement pas à l’esprit des patrons. C’était… au début des années 2000. Avant la grande crise de 2008…

 

Employabilité novembre 27, 2008

Classé dans : Chômage, Travail — grabotte @ 1:09
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Ce midi, j’écoutais à la radio, d’”illustres” journalistes qui disait en substance “les emplois aidés n’augmentent pas l’employabilité des gens” ‘il faut développer l’employabilité”. Alors, si je compred bien les journalistes parlent maintenant comme des technocrates-énarques et donc, ont un peu perdu le fil (le sens!) de la réalité. Désolée, mais employabilité ça veut dire : trouver du travail pour pas mourir de faim et de froid à la fin.

Si même les journalistes mettent des filtres à la réalité, ça va être compliqué de mobiliser les pouvoirs publics pour faire ce que l’on appelle “une politique sociale de l’emploi”. Hein, quoi ? Je parle comme eux ? Zut! Heu… je voulais dire : trouver des solutions durables pour que chacun ait un emploi décent et rémunéré à sa juste valeur. Ouf! Vous savez qu’on va tous finir par y perdre notre latin à ce rythme-là! (faut que je me reprenne, moi;-)).

 

Assedic : attention grabuge au préavis novembre 25, 2008

Classé dans : Assedic et ses ami(e)s, Chômage — grabotte @ 4:12
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Une petite mésaventure qui arrive fort souvent aux Assedic, comme on me l’a confirmé officieusement au sein d’un organisme très proche des dites Assedic.

Si vous êtes licencié et que pour des raisons variées, votre employeur inclut vos mois de préavis dans une transaction et bien, les Assedic considèrent que votre préavis ne vous a pas été payé. Et qu’elle n’a pas à s’y substituer. Donc, en plus de la carrence associée à la transaction (qui peut aller jusqu’à 75 jours, soit près de 3 mois), elle vous décale de 31 jours supplémentaires (si, si!) le début de votre indemnisation. Donc, vous attendez un peu plus longtemps que prévu pour toucher vos indemnités.

Evidemment, l’organisme, comme ses partenaires ne communiquent pas du tout sur le sujet. Et non, trop facile de gagner de l’argent sur le dos des chômeurs.

PS : un conseil > demander à votre employeur de vous verser ne serait-ce qu’un mois de préavis hors transaction et vous éviterez les 31 jours de décalage aux assedic.

 

Plan de relance : effet pervers novembre 25, 2008

Classé dans : Chômage — grabotte @ 4:03
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Il y a quelques semaines, notre Président a voulu relancé l’économie grâce aux emplois aidés. Ca c’est une riche idée. Sauf que…

Je cherche du travail et je rencontre sur un salon un employeur très intéressé par mon profil. Super! Envoi de CV, relance (oui, là aussi, on dit comme ça) et finallement le recruteur m’annonce que ça va pas être possible. Pourtant mon profil est très bien, pourrait coller avec le poste sauf que… il doit impérativement recruter un emploi aidé. C’est à dire quelqu’un qui a moins de 28 ans ou plus de 45, OU qui touche le RMI. Je ne rentre pas dans ces cases (j’ai une bonne trentaine et je vais pas tarder à avoir mes assedic, heureusement!!).

Bref, je trouve ça absurde qu’un poste me passe sous le nez parce-que je suis pas dans les cases. Dois-je attendre plusieurs années pour avoir le bon âge ou le RMI ? Perso, je ne me le souhaite pas.

 

Versailles m’était compté novembre 21, 2008

Classé dans : Chômage — grabotte @ 10:26
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Si j’ai voulu écrire ce blog, ce n’est pas tant pour raconter mon histoire que pour montrer que le chomage est une 4e dimension dont personne n’a idée avant de la rencontrer. C’est au quotidien que je vis des trucs incroyables. Dont il vaut mieux prendre le parti d’en rire.

L’immersion dans la 4e dimension du jour se passe au cinéma. Un soir, je décide de me faire un ciné avec mon compagnon, nous nous rendons à un cinéma à Versailles… Et là, comme je commence à manquer d’argent, je prend mon courage à deux mains et je sors mon attestation de chomeuse (c’est pas un super-kif d’annoncer ça devant tout le monde). Et là, la caissière (qui malgré la chic banlieue ne doit pas non plus avoir un pouvoir d’achat mirobolant) regarde mon attestation avec des yeux ronds, un peu agacée : “C’est quoi ça ?” J’explique le plus discrètement possible. Et là, elle me répond outrée comme si elle avait jamais vu ça : “Ah mais non, on fait pas ça ici. Ca existe pas.”

Mais pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt!!! A Versailles, il ne peut pas y avoir des réductions pour les chômeurs. Les chômeurs ça n’existe pas, ici, madame.

 

La peur novembre 21, 2008

Classé dans : Licenciement — grabotte @ 10:16

Après quelques informatons glanées, j’ai fini par apprendre d’où venait cette humeur de dogue, la raison de la grande scène du II que j’ai entendu hurler à mes oreilles de salariée rebelle : quand il a vu que j’étais accompagnée d’un représentant du personnel, il a eu PEUR!

Rétrospecctivement, c’est bête mais ça fait quand même du bien de savoir qu’on a fait flippé le mec qui vous fout à la porte à la veille d’une crise économique mondiale. Ca empêche pas le chomage, la galère, mais ça fait sourire l’ego.

 

Ca a commencé comme ça : “Entretien quand tu nous tiens” novembre 21, 2008

Classé dans : Licenciement — grabotte @ 10:12

Ce matin, mon boss est arrivé en retard à mon entretien de licenciement. Normal, il me reprochait mes retards. On m’a toujours dit que les boss ça devait donner l’exemple. Alors il l’a fait.

Mais bon, il a fait mieux que moi, il est arrivé avec les ray ban bling-bling sur le nez, ça fait encore plus je m’en-foutiste.

Après, je ne sais pourquoi, il était d’une humeur de dogue. Il a commencé par se concentrer (genre grand silence sensé me mettre mal à l’aise), puis il a cherché à savoir ce que j’avais à dire. Bah, rien en fait, je ne sais pas ce qu’il me reproche donc j’attend (c’est le principe de l’entretien de licenciement, le boss expose d’abord ses griefs au salarié).

D’un coup, il se lance et là, un sketch énorme. Il évoque tout de suite les retards (normal, on est dans l’ambiance), puis doute du fait que je n’ai pas reçu les e-mails où il me met en garde contre ces fameux retards. Après, il s’énerve vraiment très fort (il hurle, en clair) sur le thème : tu as des manquements graves, je n’ai plus confiance. Et là, magnifique scène du boss blessé, la confiance trahie. La vision est quasi insoutenable pour moi, vous l’imaginez.

Il faut que vous vous rendiez compte : je ne suis plus corvéable à merci. Je ne travaille plus 12h par jour pour un salaire qui ramené au temps horaire de la femme de ménage atteint pas tout à fait le smic (en net bien sûr). Je ne consacre plus 2 w-e par mois à mon cher boss. Et du coup, je met en péril l’entreprise!!! Oui, texto. Donc, on ne garde pas des gens dangereux comme moi, vous pensez bien. Il faut préserver le bien commun. Sus au tire-au-flanc.

Ah, et aussi, ça serait bien que je dégage vite. Pour pas contaminer les autres ? je suis contagieuse à ce point ? Zut alors… Chavais pas moi. D’ailleurs, si j’aurais su, j’aurais pas venu… Du tout!

Et j’oubliais, vous savez que ce pauvre homme en 25 ans de métier, il a jamais vu ça!! Non, il n’a jamais vu un
salarié hyper-motivée qui faisait des heures sup pas possible (12h par jour et 1 w-e sur deux on vous a dit) et qui d’un coup arrive à des 10h, 10h15 presque tous les jours pour repartir vers 18h30 en faisant un travail correct mais plus du tout TITANESQUE. Un travail a peu près normal avec des horaires normales. Il a jamais vu ça le type.

Et surtout, il le dit lui-même, il y a quelque chose qui est cassé mais il ne sait pas quoi. Alors, comme c’est fatiguant de chercher, de comprendre ses salariés, mieux vaut les houspiller, les fouetter. Si ça marche pas, c’est qu’on ne peut pas leur faire confiance. Donc, il faut s’en débarrasser et vite, le vers est dans le fruit.
Panique à bord et si les autres prenaient conscience que c’est possible de travailler normalement. Bon, ok, on
leur laisse pas le temps de réfléchir d’habitude (là, on ne comprend pas ce qu’il s’est passé. Elle doit pas être
normale celle-là). Mais faut se méfier.
Alors zou, la trublione dehors. Pas merci, pas de revoyure. Et surtout on oublie tout : ton implication du début, ta motivation et ton adhésion à la vision d’entreprise, tes heures sup pas payées sur ton temps perso, tes efforts pour gérer les merdes qui ne sont pas de ton fait, ta bonne humeur et ton enthousiasme permanent et communicatif, tes bonnes idées qu’on vend très chers…
T’as pas compris ? T’es en retard : la rébellion, c’est du passé. Résister c’est dépasser.

Trimer, en chier c’est à la mode. Même si comme les ray ban bling-bling, un jour elles tombent, elles sont cassées. Oh, merde, on n’a plus de jouet!

 

Monde du travail et du chômage novembre 21, 2008

Classé dans : Uncategorized — grabotte @ 9:46

J’avais envie pour me défouler, vous distraire ou vous informer de parler de la violences des échanges dans le monde du travail et bien sûr dans la 4e dimension appelée aussi chômage (un monde d’une richesse tellement insoupçonnée qu’il défie les lois de Murphy).

Je précise que tout ce qui est raconté ici est vrai. Je suis pourtant une femme imaginative, mais tout ce que j’ai vécu dépasse (de loin) mes idées les plus folles. N’oubliez jamais en matière de travail et de chômage la réalité dépasse toujours de très loin la fiction. Kakfa est un petit joueur.