Je lis à l’instant que notre omni-président a déclaré hier soir à la télé qu’il octroirait une prime pour les personnes en fin de CDD qui, je cite, “n’ont aucune chance de retrouver un travail”.
Alors ça pour vous remonter le moral, ça vous le remonte. J’attend avec impatience les détails de la prime. Combien on peut bien donner à quelqu’un qui est officiellement foutu ? Un bonus de trader ? Un parachute doré ? Bah oui, quoi, faut bien vivre le restant de ses jours, non ?!
Est-ce que les gens ne vont pas refuser cette prime qui les met dans la catégorie “t’as plus qu’à attendre le RMI, vieux!” ? Comment accepter une prime synonyme de mise au banc de la société ?
Evidemment que les gens concernés vont l’accepter (moi-même peut-être… Personne n’étant à l’abri de rien). Mais, je me demande si on mesure bien l’impact psychologique de cette prime après les mots présidentiels. Ca c’est de la communication ! De la communication version “qui comprend rien à rien et dont la psychologie atteint celle de l’oeuf dur”.
Autre question que pose cette belle intervention : comment on évalue le “aucune chance de retrouver un travail” ? Personne n’aurait droit à l’espoir ? A la reconversion professionnelle ? A une autre vie dans ce pays ???? MAIS PUTAIN !!!!! (oui, je sais, la colère me rend grossière)
C’est quoi cette façon de gouverner ???? D’organiser le monde et de ne le voir que sous un seul prisme ??? Les riches et les autres (sauf que les autres sont bien plus nombreux, c’est mieux de ne pas l’oublier). Pourquoi le système français du travail ne s’organise pas autrement. Ici, impossible de changer de secteur (j’ai essayé, je sais de quoi je parle).
T’es cadre dans l’industrie auto, tu y restes. Les employeurs continuent de chercher le profil lisse et conventionnel : ingénieur ou école de commerce, ancienneté dans l’industrie auto et… point. Limite, si tu fais du point de croix t’es recalé, tu cadres pas dans le profil. Donc, évidemment avec ça, ça fait très vite plein de gens sans “aucune chance de retrouver du travail”. Sans parler d’une sale tendance au clonage qui n’a jamais enrichi aucune entreprise, ni aucun pays.
Si vraiment notre président veut faire du social, la prochaine fois, c’est mieux s’il choisit ses mots et ses mesures. Parce-que le social, c’est pas juste donner de l’argent mais c’est surtout considérer les gens, leur donner l’espoir d’une vie meilleure. Tout le monde se fout d’avoir une prime si c’est en échange d’un asenceur social bloqué au 27e sous-sol et en panne définitive. En revanche, permettre la mobilité professionnelle, la reconversion, faire du micro-crédit plutôt qu’une prime pour permettre aux gens de construire quelque chose de nouveau, de se reconstruire et… de faire fonctionner l’économie. Ca, pour moi, c’est du social.
La prime à la casse, on le sait, ne fonctionne pas.
Alors… Forget it or… pay for it.